Hello World
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Un voilier, c'est bateau comme idée...
Caractéristiques d'un voilier particulier
Le Seul, le Vrai, le Grand, l'Unique...
Un tel pouvoir respecte-t-il les lois ?

L'hydrofoil le plus évolué : l'hydroptère


Nous n'avons parlé jusqu'ici que des voiliers en général, un peu des hydrofoils mais pas du tout de l'hydroptère proprement dit.
Alors une question se pose : pourquoi le sujet traite-il de l'hydroptère ?
En fait, l'hydroptère est certes un voilier de type hydrofoil, mais il est aussi et surtout l'un des plus prometteur, avec des performances réelles.
Nous allons donc vous exposer les atouts de ce bateau hors-norme, ses particularités, et surtout son potentiel.

L'originalité récompensée

L'hydroptère est unique en son genre : c'est le SEUL bateau à ce jour à allier trois modèles de bateau : car avant d'être un hydrofoil, il n'avance que par la force du vent (c'est de fait un voilier), et surtout c'est un trimaran.
Ce détail est essentiel : le souci majeur que pose un bateau de type hydrofoil est la stabilité combinée avec la vitesse.
Le trimaran a un avantage conséquent : c'est, comme son nom laisse entendre, un trépied : or il est maintenant de notoriété publique qu'une chaise à trois pieds est plus stable qu'une chaise à un pied (voilier monocoque) ou à deux pieds (catamaran).
De plus, c'est un voilier, donc la question de répartition de la force de propulsion pour garder l'équilibre ne se pose pas.
Alain Thébault a eu l'idée ingénieuse d'adapter l'hydrofoil à un trimaran, et hop ! Nous avons vu naître ... L'hydroptère.
Bien sûr, cette Rome ne s'est pas construite en un jour.
Depuis 20 ans, le père de ce bateau travaille sans relâche pour mettre au point son rêve, hier insolite, et aujourd'hui presque atteint :
Faire voler un bateau !
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Quelques améliorations personnelles

Il ne faut pas croire que les hydrofoils fonctionnent tous comme celui d'Alain Thébault.
Loin de là.
En fait, Alain Thébault a eu des idées révolutionnaires pour améliorer considérablement les performances de son trimaran. La plus importante est la totale remise en question de la géométrie des foils. Un foil "classique" ressemble vaguement à ça :
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Et voici celui proposé par Alain Thébault, dont l'hydroptère est pourvu :
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Ici, il est conçu de manière à limiter l'augmentation de la portance, afin que le bateau arrête de monter et se stabilise quelques mètres au-dessus de l'eau.
Il s'agit de foils dits « en V » autostables, dont l'un des précurseurs est, vous l'aurez compris, Alain Thébault.
Ce concept très simple permet une application aisée mais les efforts exercés sont tels qu'il a fallu attendre l'avènement de nouveaux matériaux high-tech comme le carbone et le titane pour pouvoir faire voler un bateau de grande taille au-dessus des flots.
Car, rappelons-le, ce bateau pèse malgré tout quelques 5 tonnes ! C'est pour cette raison que l'hydroptère a mis tant de temps à émmerger (avec un bon jeu de mots au passage).

L'empennage arrière
Ou, le foil arrière. C'est le foil le plus important, car c'est lui qui va permettre à l'hydroptère de se déjaugerIci, synonyme de "décoller". Il est en forme de T, et est placé à l'arrière de la coque principale du bateau.
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Le "décollage" est commandé par un joystick : le pilote, grâce au joystick, fait basculer le plan porteur vers le bas quand la vitesse est suffisante, l'hydroptere se cabre : il se "penche" en arrière, s'appuyant ainsi sur l'arrière de la coque centrale, et donc sur le foil arrière. Ce mouvement fait varier l'angle d'incidence des foils : le bateau décolle.



Les empennages latéraux
Ce sont les deux foils, situés , vous l'aurez compris, à chaque extremité de l'hydroptère. Ils sont inclinés de 40 à 45°. Leur construction est primordiale, car la force exercée sur ces foils est monstrueuse : Le plus important effort subit par les foils de l'hydroptère que l'on a mesuré est de l'ordre de 32 tonnes !

L'autostabilité
Mais, au fait, comment l'hydroptère gère - il sa stabilité ?
En fait, il n'y pas pas grand chose de compliqué : l'hydroptère est pourvu de trois flotteurs : un sous chaque foil latéral, et un sous la coque centrale. Ces flotteurs sont en fait des reservoirs d'eau (les deux principaux ont une capacité de 800L, et le troisième peut contenir 600L d'eau). Ces réservoirs sont, au décollage, vides, mais se remplissent par le biais des safrans. Les safrans sont situé à la surface, et sont, outre la partie principale d'un gouvernail, l'équivalent des prises d'air sur un avion (c'est Alain Thébault, encore lui, qui est à l'origine de cette combinaison de deux fonctions du safran) : ils alimentent les flotteurs en eau, par le biais de tuyaux. Grâce à ces flotteurs, les foils restent emmergés, du moins partiellement : ils font office de lest. Ce sont ces lests qui procurent la stabilité de l'hydroptère, sans aucun besoin de contrôle informatique ou mécanique quelconque.

Une progression sur 20 ans

Il se trouve que sur le site officiel de l'hydroptère (ici) nous avons trouvé des photos des premières maquettes de
l'hydroptère !
Nous allons donc vous en faire part, sous forme de photos successives (pourvues de quelques commentaires), histoire de vous sensibiliser au fait qu'un tel aboutissement nécessite un bon cinquième de siècle.


1984
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1986
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1990
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1995
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2007
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Et maintenant ?

Maintenant ? Car, vous l'imaginez aisément, l'équipe ne va pas s'arreter là ! Mais pour le moment, l'hydroptère est en chantier.
Dans le but de battre le record de vitesse absolue toutes catégories confondues, et de franchir la barre mythique des 50 noeuds, l'hydroptère est en chantier, pour une reconfiguration "vitesse pure".
Pour cela, deux projets : l'hydroptère.ch et l'hydroptère.maxi. L'hydroptère.ch, prévu opérationnel en 2008, ne sera qu'un prototype d'essais, sur lequel seront effectués tous les tests nécessaires à la construction de l'hydroptère.maxi, qui lui, sera le candidat aux records visés par l'équipe.
Des changements ? Oui.
Principalement au niveau des dimensions de l'engin, qui étaient de 24 mètres d'envergureTerme aéronautique désignant la longueur d'un bout d'aile à l'autre et 18 mètres de long, et qui seront pour l'hydroptère.maxi de 32 mètres d'envergure sur 30 mètres de long. Afin de financer leurs projets, et pour améliorer leurs délais ainsi que leurs performances, l'équipe de l'hydroptère s'est associée avec plusieurs groupes et entreprises. En effet, en plus de faire fabriquer ses foils à VeveyVille située en Suisse, ils sont financés en partie par le banquier Thierry LombardBanquier suisse de réputation mondiale. L'équipe s'est de plus associée avec l'EPFLEcole Polytechnique Federale de Lausanne, école supérieure située en Suisse, qui les aide notamment pour les simulations virtuelles de « vols » de l'hydroptère.
L'hydroptère a donc un côté notablement hélvétique également.

L'hydroptère se prépare donc à battre de nouveaux records de vitesse,
et surtout à franchir la barre des 50 noeuds. Mais pourquoi cette « étape » est-elle si importante ?
Et qu'est ce qui limite le fontionnement et la prise de vitesse du voilier ?